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Construire sa propre microrésilience…

Le concept de résilience* caractérise le processus qui vient interrompre une trajectoire négative susceptible d’affecter le développement de l’individu (accident, maladie, manque, abandon, déficience, faiblesse, conflit etc.). En clair, c’est la capacité d’accepter et de vivre une vie normale après un traumatisme exceptionnel, alors que d’autres sombrent dans la dépression ou restent écrasés par le poids de leur souffrance.
Je pourrais citer de nombreux exemples, mais celui que je tiens à illustrer, c’est celui de Djamel Debbouze. Naître fils d’immigrés modestes dans l’après guerre d’Algérie, pansée au travail des ateliers à la chaîne, grandir dans un quartier où les cours privés de théâtre n’existent pas, perdre un bras dans un "accident" de traversée de RER, ne pas posséder la taille avantageuse d'un jeune premier … Djamel cumulait quelques handicaps certains dans la quête d’un destin professionnel artistique et médiatique d'un point de vue classique. Son parcours force pourtant le respect et l’admiration: à l’image d’un Spike Lee surdoué ou d’un Sammy Davis Junior artiste multicartes, il a développé les dimensions multiples de sa personnalité qui croisent nombre de processus contribuant à la résilience.
J'ai été invité sur le plateau lors du tournage d’ « Indigènes », et j’ai compris en le regardant travailler et gérer les contraintes, les dimensions sociologique, historique et culturelle dans lesquelles il donne désormais un sens précis à sa vie. Jusqu'à s'impliquer pour les autres, Samy Naceri en tête.
Jo Brun, (ci contre), mon ami, et responsable au look de biker de tous les effets spéciaux sur le film (devenu depuis régisseur général dans d'autres très grosses productions, et, plus exceptionnel, l'un des rares occidentaux à être accepté en tribu indienne Sioux!), m'expliquait comment Debbouze avait figé tous les figurants issus de l'immigration en leur expliquant la mission qu'il s'était donné avec "Indigènes", et leur responsabilité envers les plus anciens. Et pourtant Djamel, à demi-mot m'avait soufflé rester très prudent, avancer en terrain inconnu, et ignorer tout de la manière dont le film serait perçu, même dans les écoles des quartiers sensibles.

On connait la suite...
Djamel est une forme exception.
Très rare. Certes.
Mais significative pour nous tous.

Nous ne sommes heureusement pas tous affectés d'une souffrance importante ou insupportable, telles que les cliniciens les caractérisent. Mais nous portons tous en nous, qui que nous soyons, les stigmates de plaies mal cicatrisées qui nous réveillent parfois. Parce que la souffrance est personnelle et subjective.

C’est la raison pour laquelle je propose de travailler sur ce que j’appelle la « microrésillience », c’est à dire, développer à un niveau infa (moindre) les aspects constitutifs de la résilience psychologique. Parce que ces aptitudes psychologiques et les valeurs construites par les « résilients » sont d’excellents outils permettant de mieux vivre le quotidien. Et plutôt que de compter sur le hasard pour nous fournir en compétences résilientes, autant travailler très tôt sur leur apprentissage, et chercher à surmonter, même à un niveau infra, certaines difficultés.

Le Coaching Global ne s’attache pas qu’aux épreuves infras (à un niveau très acceptable d’effort). Il stimule un état d’esprit et des dispositions sociales, philosophiques et créatives qui sont des mainmises sur le monde, et permettent de construire du sens.
On sait que l’on a repéré certains processus contribuant à la résilience de l’individu:
La défense-protection
l'équilibre face aux tensions
l'engagement-défi
la relance
l'évaluation
la signification
la positivité de soi
la responsabilisation
la création.
Etonnamment, on y retrouve, interpénétrés, tous les domaines du Coaching Global : s’aimer (pour être aimé), trouver un sens et du goût à sa vie, s’ancrer dans la réalité, développer l’estime de soi, pratiquer l’humour, valoriser la recherche de son propre potentiel, rechercher la construction de solutions propres, stimuler la capacité à résoudre les problèmes, accepter les limites et les contraintes inhérentes à sa vie personnelle sont des dimensions que nous traversons dans les exercices de Coaching Global.
Simplement et justement parce que toute notre vie est traversée constamment par ces dimensions.
Et qu’il faut apprendre à les maîtriser, pour apprécier davantage l’existence que nous avons la chance de vivre.
En mémoire de ceux qui n’ont pas eu cette chance.
Et pour tous ceux qui sont là, avec nous.

*vulgarisé notamment par Boris Cyrulnick



Photos Jo Brun : Franck Martini et Djamel Debbouze, plateau du tournage d'"Indigènes"; Jo au repos (trop court), et avec Samy Naceri, lors d'une pause dans les prises ... 
Merci encore à Jo, l'infatiguable, l'inusable maître des armes!





Note perso: il va s'en dire que, malgré tout, je ne partage pas forcément le ciblage de certaines positions de Jamel. Sa condition et son histoire lui font percevoir les choses toujours de son seul point de vue, et je pense qu'il passe à côté d'une approche plus humaniste qui pèserait mieux les entrelacs de l'histoire et des identités, comme ceux du relationnel. Point.

Ce n'est pas fini !

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