Le combat permet d’être libre. D’être libéré de la peur de ne pas savoir s'opposer, se défendre ou protéger les autres. Tous les combattants sont de grands inquiets je pense. La pratique permet de dissoudre en partie cette angoisse et de dédramatiser l’affrontement humain. Il permet aussi de vivre une intensité d'instant qu'il est exceptionnel de retrouver ailleurs...Je me suis retrouvé à enseigner le combat très rapidement. Tout juste six mois après avoir débuté ! Le Conseiller Technique de la Ligue de Savate Boxe Française, Michel Salvetti, avait alors remarqué mes aptitudes possibles a enseigner, et m’avait proposé très tôt (6 mois après mes débuts), de développer un club (BF PARADIS à Marseille), ne comprenant au départ que sept adhérents. Michel Leroux m'a intelligemment poussé aussi, lui qui fut DTN de savate boxe française et désormais investi DTN dans le Sanda Olympique (Pékin 2008). Le BF Paradis de Fred Muller allait en une année compter plus de cent membres dont près de 70 goutèrent à la compétition, et moi avec ! En partant de loin, il fallait que j’apprenne très vite. La deuxième saison, le BFP était le 2ème club de Provence, mais une mutation au Val Fourré de Mantes la Jolie, en périphérie parisienne m’éloigna de la région PACA qui se développait avec Christian Robert, Rodolphe Redon et mes amis. Avec l'écriture d'un travail fondamental sur l'enseignement de la savate "Espace pouvoirs contraintes et significations de l'action en boxe française savate. Codage et décodage du débutant au confirmé" exploité par la fédération, je pose les fondements d'un renouvellement des contenus d'enseignement aux brevets d'état et dans la conception des grades (dixit Claude Valadier alors DTN). Certaines terminologies usitées encore aujourd'hui sont issues de cet ouvrage abondamment illustré. Il est aussi et surtout une réponse aux contenus trop pauvres développés à l'Université d'Aix Marseille, où j'ai terminé mes études de 3ème cycle. Le CAPEPS en poche, je réussi l'agrégation lors de mon exil à Paris en accrochant au passage, une de mes plus belles rencontre en savate lors des finales du championnat de France Universitaire où j'élimine avec la manière le vainqueur de la Coupe de France. De Mantes à Créteil, j'ai tourné alors dans les clubs parfois "stranges" de la prériphérie parisienne, seul le soir, pour oublier le manque de soleil.... J’eu malgré tout la cha
nce alors de croiser des entraîneurs de talent et/ou d’entraîner de grands champions, en cours, en sparring, en compétition, en clubs et au
mythique INSEP en stage en tant que cadre en Equipe de France (Colombes, Clichy, Toac, Chevalier Roze, Bélier association, etc.) jusqu'au plus haut niveau. Je me suis aussi beaucoup consacré à ma femme Nathalie Asensi (championne d'Europe en combat de 1996 à 2000, et multiple championne de France et en Coupe de France). Je me suis intéressé aux autres disciplines de boxe : le kick boxing que je connaissais bien pour avoir suivi la carrière d’un de mes adversaires devenu par la suite mon ami (Christophe Tendil, qui a été champion du monde contre J.Harris), le full-contact (découvert étant allé sparrer à Poissy au FKC de Renesson), la boxe thaïlandaise à Paris (Krongsack) puis à la belle époque de Fonvert chez Ali Sadok (avec l'excellent souvenir d’une leçon que j'ai donnée "aux Oliviers" aux pattes d'ours à un Cyril Abidi attentif et surdoué, dont je reste intimement persuadé qu’il aurait pu être le vainqueur français du K1 !). L’anglaise encore chez l'ex champion d'Europe pro Alain Torrente et Mourad Haddu l'entraîneur hors normes et témoin de mon mariage, avec Jacky Seri (vice champ de france pro), ou José Caja (CTR anglaise), la savate version speed avec Jean Marc Masson (et ses victoires en Coupe de France sur plusieurs n°1 mondiaux), et le mythe Richard Sylla devenu un ami.Les stages d'entraînement aussi, notamment avec Bertrand Soncourt (le regretté champion du Monde de savate) venu préparer les championnats d'Europe avec Nat à Sète, les sparrings avec Sophie Girard, et Yanis Racine (champion du Monde savate) à qui je dois une côte enfoncée...merci! Les amis combattants exceptionnels: Mira Fathi, Richard Thomas, Jacques Quaglia, Yves Fulconis... En 1997, je redescend enfin dans le sud sur mutation "à profil" pour développer le combat en milieu scolaire difficile avec succès. Bon moment au téléphone où je refuse sous les yeux de ma femme les postes d'entraîneur national et de DTN proposés par Jean Houel, énarque à la Cour des comptes, alors Président de la Fédération Française de Boxe Française Savate et discipline associées (décision que je n'ai jamais regrettée). Le travail de journalisme avec RING WORLD de Benoît Ribon et à NETBOXE de Christian Chatainier où certains de mes articles dépassèrent rapidement les 100 000 connexions (voir la rubrique entraînement qui contient encore certains articles)! Netboxe que je quittais aussi pour ne pas rentrer dans les compromissions de résultats que l'on trouve trop souvent en boxe. L'écriture pour le CNDP d'un article majeur pour l'enseignement de la savate et de l'anglaise en milieu difficile "28 boules de cuir et moi et moi et moi..."). Et puis le Taekwondo aussi, où à 37 ans, je mis encore le kimono en compétition avec un style certes assez efficace pour monter sur la deuxième marche Provençale, mais trop éloigné du classicisme coréen! J'ai toujours continué à suivre de grands champions de combat en préparation physique comme Mimoun Chent (champion d'Europe pro d'anglaise) Amar Mehdi (champion de France pro d'anglaise et d'Europe de full), et quelques fois Jimmy Colas (champion de France pro et champ union européenne).
J’ai aussi découvert le combat libre lors de la rencontre des frères Riccio, et le travail de vulgarisation du free fight des frères Shiavo avec Ring World, qui je collaborais. Un passage au Figth club de Sausset m'a fait découvrir un relationnel respectueux entre les partenaires d'entraînement...et le fait que ce mode de combat s'approche davantage de la "vérité" et du réel de l'opposition que les autres.
Le free-fight me paraît être désormais d’avenir du combat en terme de pratique physique. Il est complet, très technique, forcément efficace et demande une culture très étendue. Les techniques de self-défense annexes issues de la Savate Défense, du Pancrace et du Jiu-jitsu
complètent ainsi un ensemble très exhaustif. Si les combats extrèmes doivent être réservés à l'élite...le reste est vraiment génial, et très proche des mathématiques avec des algorithmes terribles, à retenir et à ressentir en 3D !Aujourd'hui, vingt ans après mes premiers coups de poings et de pieds, j’enseigne toujours le combat. J’entraîne toujours: en self défense et combat libre à Istres (Rimbaud), ansi que des combattants de haut niveau sur . Et j’ai encore plaisir à « croiser les gants » dans mon club d’amis avec Francis Alary, et Michel Dias à Fos sur Mer (La Roquette). Que ce soit avec des débutants, des amateurs, des sportifs, des combattants issus de différentes disciplines, des membres de la BAC Nord, des intervenants en sécurité et protection des personnalités etc.
J’y ai enseigné un cours spécial « combat de percussion » (tactique, technique et stratégie). Mon ami Martial Deng, champion du monde de Qwan Ki Do et capitaine de l’équipe de France des arts martiaux vietnamiens (voir ses prestations aux Nuits des arts martiaux à Bercy) gère désormais les entraînements de self défense, travail au sol et projections, avec Francis Alary de la Lutte Contact.On y trouve le respect, la chaleur humaine et la considération que l'on ne pense pas trouver lorsque l'on pousse la porte d'un dojo occidental.
Et pourtant...
Nouveau challenge, et nouvelles joies en perspectives... A suivre sur http://bfistres.blogspot.com.
2010: Retour sportif sur les rings avec Nathalie pour l'Open Mondial de savate de Paris (qu'elle a gagné!), et en interclubs.
En Juin 2011, je tirerai le rideau du combat lors des premiers championnats de France de MMA grappling (sous les couleurs du team pancrace Istres de Laurent Lauzerat (lutte) et Damien Cardon (JJB) autorisant les frappes réelles au sol, les coups de coudes et de genoux, où j'espère combattre en catégorie vétéran - 75kg, une dernière fois avant de raccrocher les gants.
Juin 2011: le premier championnat de France de MMA est interdit par la préfecture...car il est une discipline sportive qui "provoque des troubles à l'ordre public" et "porte atteinte à la dignité humaine". Ahurissant non?
(http://www.ikusa.fr/index.html/_/news/les-championnats-fsgt-interdits-r859#comments)
3 mois d'entraînement qui partent en fumée...
Super! :(
Si je garde la foi, je serai là l'an prochain sur les tatamis...
Légende:
Cours de percussion : Franck Martini en procédure de sortie pieds poings (Chute Boxe) sur un combattant athlétique de grand gabarit, après esquive d’une technique de rapprochement-saisie de jambes en Lutte Contact (Fos). Plus bas à gauche (oui, je sais la coupe de cheveux...), en tant que directeur d'un stage préparatoire aux Championnats d'Europe de l'Equipe de France à l'INSEP, avec comme cadre associé l'excellent Jean Claude Félicie (champion du monde de Savate et de kick-boxing), A doite, en noir, le champion Christophe Tendil qui fut mon meilleur souvenir de combat (que j'ai perdu aux points!) et qui est devenu depuis mon ami. Avec la casquette de SPORTSERVEUR: Richard Sylla, le mythe! Plus bas avec Damien Riccio qui, en défiant courageusement et en prenant le dessus sur Robin Gracie (de la famille Gracie à l'origine de l'UFC et du Jiu Jitsu brésilien) dans les règles traditionnelles du Vale Tudo m'a engagé modestement sur la voie du Free-fight. Au bas, ambiance relax, lors d'une préparation d'un combat au K1, avec Damien (noir), Mathias Riccio (bandé) et Jérôme Lebanner (debout).


